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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 10:52

Il y a 30 ans, Brel nous quittait.


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Jacques Brel est l’un des artistes francophones dont le charisme et la personnalité brute, faite de paradoxes et de contradictions, incapable de la moindre concession, a marqué le 20ème siècle. Chanteur, poète, compositeur, il transcendait ses interprétations en vivant sur scène ses colères, ses amours, ou ses déceptions comme l’aurait fait un grand tragédien. Aucun mot n’est trop fort pour décrire ce que son corps dégingandé, aux bras interminables, son visage parfois déformé à force d’expressivité, peuvent encore aujourd’hui, faire éprouver aux nouvelles générations qui le découvriront.

« L'enfance
Qui peut nous dire quand ça finit
Qui peut nous dire quand ça commence »

Jacques Brel est né en Belgique, dans la banlieue de Bruxelles, à Schaerbeek, en 1928. Issu d’un milieu bourgeois, son père est un industriel qui dirige une usine d’emballage, il connaît l’ennui des enfances trop bien cadrées, entre camps de scout et institutions religieuses. Ce n’est pas encore le temps de la révolte et Jacques, malgré ses échecs scolaires, semble rentrer dans le moule. Il travaille dans l’usine paternelle, fait son service militaire et épouse Thérése Michielsen, dîtes « Miche » qui lui donne très vite un premier enfant, une fille, Chantal.

« L'âge idiot, c'est à vingt fleurs
Quand le ventre brûle de faim »

On n’étouffe pas aussi facilement ni aussi impunément une personnalité comme celle de Jacques Brel, même si elle semble, pour l’instant, rester en gestation. Il est déjà attiré par la chanson et compose. Dans ses textes, la liberté de ton et la violence des sentiments commencent à faire surface et sa famille voit cette carrière possible d’un très mauvais œil. Brel se produit pourtant dans quelques cabarets bruxellois. Jacques Canetti, responsable artistique chez Philips le remarque et le fait venir à Paris. Faisant fi de sa famille et de ses engagements, il monte à la capitale et connaît quelques galères, se produisant toutefois dans des cabarets réputés comme l’Ecluse (où Barbara fit ses débuts) et les Trois Baudets. Son style surprend et le public le boude. Il passe tout de même à l’Olympia, là aussi un semi-échec. Juliette Greco adopte pourtant l’une de ses chansons et la rajoute à son répertoire.

« Jojo,
Voici donc quelques rires
Quelques vins quelques blondes »

On est en 1955, sa famille, Miche, Chantal et une deuxième petite fille, France, le rejoint en France et ils s’installent tous à Montreuil pour quelques temps. A la même époque, il rencontre Georges Pasquier, Jojo, qui devient son collaborateur et son ami intime. Le sens de l’amitié de Jacques, dont il parlera dans plusieurs chansons et dans de nombreuses interviews, est déjà l’un des thèmes majeurs de son œuvre.

Il enregistre enfin son premier 33 tours chez Philips et fait deux autres rencontres déterminantes, celle de François Rauber, un pianiste classique qui devient son accompagnateur et avec qui il travaillera beaucoup en studio et celle de Gérard Jouannest, un pianiste lui aussi, avec qui il se produira sur scène pendant des années. Gérard Jouannest collabore à l’écriture de ses titres les plus fameux et saura servir les textes de Jacques par la simplicité et l’efficacité de ses mélodies, tandis que Rauber améliore les arrangements et les orchestrations des titres. A eux trois, ils donnent le ton et forgent l’originalité du répertoire du « Grand Jacques ».


« Quand Isabelle dort plus rien ne bouge
Quand Isabelle dort au berceau de sa joie »

En 1957, Jacques Brel sort un autre 33 tours, « Quand on a que l’amour ». Cette fois, le disque est un succès et se voit récompensé du Grand Prix de l’Académie du Disque Charles Cros. La sensibilité à fleur de peau du chanteur, la puissance poétique de ses textes, entre douceur et violence contenue, entre férocité et tendresse, est une vraie révolution pour la scène française de l’époque. Il passe à nouveau à l’Olympia, cette fois plébiscité par le public et Isabelle, sa troisième fille, voit le jour, mais Jacques est déjà loin…


« J'arrive, bien sûr j'arrive
N'ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver »

Les disques sortent et Jacques Brel enchaîne autant de tournées que de succès. En 1959, l’album « La valse à mille temps » est immédiatement considéré comme un classique et il entre dans la légende des grands du music-hall. L’artiste ne ménage pas sa peine et donne des centaines de tours de chant, parfois plusieurs par jour, quitte, comme il le disait à l’époque, à aller vomir de trac autant de fois qu’il le faut.


« De Rotterdam à Santiago
Et d'Amsterdam à Varsovie »

Sa vie est un tourbillon qui ne lui laisse pas une minute de repos. Il tourne dans toute la France et dans le monde entier. Il vit une vie « d’homme », libre de toute attache, avide de rencontres et d’expériences, nocturne, passionné.
En 1961, il se produit à l’Olympia, accompagné de Jean Corti à l’accordéon (l’accordéoniste a joué depuis avec « Les Têtes Raides ») pour ce qui restera l’un des concerts les plus célèbres de sa carrière. Comme l’Olympia lui porte chance, il y chante à nouveau en 1963, en 1964 et 1966, date à laquelle il se décide à arrêter la chanson. Ses adieux sont un triomphe et les plus grands viennent l’applaudir.

« Telle est ma quête,
Suivre l'étoile »

Jacques Brel parlait depuis plusieurs années d’arrêter les tours de chant. Il n’arrête pas pour autant toute activité artistique. Il décide de monter un spectacle inspiré de l’histoire de Don Quichotte. Ce sera « L’Homme de la Mancha ». Brel donne toute sa dimension à cet homme triste, prêt à mourir pour une idée, à se brûler d’amour jusqu’à son dernier souffle. Sancho Pansa devait être interprété par son ami de toujours, le comique et chanteur d’opérette Dario Moreno mais celui-ci meurt quelques jours avant la première représentation. « L’Homme de la Mancha » est pourtant joué et Brel transcende littéralement son personnage. Il s’arrête, épuisé, au bout de 150 représentations.
En 1969, année de la mythique rencontre radiophonique entre Jacques Brel, Georges Brassens et Léo Ferré, Brel entame une carrière cinématographique. Ses talents de comédien jusqu’alors réservés à la scène servent désormais le 3ème art. Il tourne pour les plus grands réalisateurs dans des rôles qui font date, particulièrement « Mon oncle Benjamin », « L’emmerdeur » d’Edouard Molinaro et « L’aventure c’est l’aventure » de Claude Lelouch.

Il s’essaye également à la réalisation, sans grand succès, mais l’on retient « Franz », un film curieux où il joue aux côtés de la chanteuse Barbara qui lui prête sa silhouette brune et fantomatique et compose une partie de la musique de la Bande-Originale.

« Dire que Fernand est mort
Dire qu'il est mort Fernand »

Outre le cinéma, Brel s’est découvert une autre passion, celle de la voile. Il rêve d’océan et d’îles lointaines et s’achète un voilier. Il sillonne le globe avec sa nouvelle compagne, une jeune danseuse, Madly, qu’il a rencontrée aux Caraïbes sur un tournage.
C’est lors d’un de ses voyages qu’il apprend la terrible nouvelle, Jojo, l’ami de toujours, est mort. Jacques Brel est effondré. Il se sait malade, atteint d’un mal peut-être incurable et sent qu’il ne tardera pas à rejoindre l’ami disparu.

« Gémir n'est pas de mise
Aux Marquises »

En 1975, peut-être pour échapper à la grande faucheuse, il part vivre ses derniers instants dans un pays de liberté et d’espace. Les Marquises, qui ont servi de décor aux toiles de Gauguin, l’attirent irrésistiblement et il part s’y installer avec Madly. Deux ans plus tard, l’envie lui reprend d’enregistrer un disque. Il s’intitulera « Les Marquises » et plusieurs de ses plus belles chansons y figurent : « Orly », « Le Bon Dieu », « Les Marquises », « La ville s’endormait », « Voir un ami pleurer »…

Brel refuse que l’on fasse la promotion de son album mais ce n’est pas nécessaire, la sortie du disque est un événement. Jacques Brel repart aussitôt la réalisation de l’album achevé mais il ne profitera pas longtemps des Marquises. Le cancer a fait son œuvre et il meurt rapidement, en 1978.

Il repose sur l’île d’Hiva-Oa, près de la tombe de Gauguin. Là, pour toujours, son âme peut chanter…

« Et voici le Pacifique
Longue houle qui roule au vent
Et ronronne sa musique
Jusqu'aux îles droit devant »


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commentaires

Annick � cayenne ou ce n'est plus le bagne... 09/04/2008 04:52

un bel hommage à notre grand Jacques...biz de Cayenne.

Christine... 08/04/2008 21:25

Il est de ces êtres que l'on n'oubliera jamais Marlène !! Sa fin n'en était pas une finalement ... juste un début d'autre chose !Bises !

nadia-vraie 08/04/2008 21:06

Bonjour Marlene,Je suis contente de lire cet article sur Jacques Brel car je connais des chansons de lui mais je ne savais pas son histoire.merci.Bonne soirée et A+

Maurice le randonneur 08/04/2008 20:56

Bonne soirée

aimee 08/04/2008 20:02

Bel hommage à ce grand chanteur et poete à la fois.Merçi pour lui,de nous le rappeler.Bonne soirée.Aimée

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